
Il y avait à Paris un vieux théâtre qui s’appelait l’Ambigu, lâchement détruit en 1966. Stéphane Hussein qui est né à Orléans il n’y a pas très longtemps n’a bien sûr pas connu cet établissement bizarre, mais son travail photographique constitue à lui seul une scène vouée à l’étrange quand s’y croisent sous des lumières polychromes le merveilleux, le fantastique et un rien d’érotisme. (Lire la suite…)

La première grande exposition monographique en France de la photographe américaine invite à un passionnant parcours des histoires de l’art, de la photographie et même des sciences du 20e siècle. Assistante de Man Ray qu’elle rencontre à Paris, la jeune Berenice Abbott intéresse la société intellectuelle du temps, au sein de laquelle elle trouve les premiers modèles de sa carrière de portraitiste. L’exposition s’ouvre sur ces échanges féconds avant d’emmener ses visiteurs vers le grand projet de « Changing New York » inspiré par le patient travail qu’Eugene Atget avait réalisé sur Paris pendant deux décennies. Où l’on voit la mégapole américaine au plein de l’essor architectural insufflé par les prouesses technologiques de la pierre et de l’acier, érigeant sa forêt de buildings comme autant de signes des fortunes et de la puissance du Nouveau Monde.Artiste imprégnée des audaces de la Nouvelle vision photographique née en Allemagne et en France, Berenice Abbott laisse aussi vibrer une fibre humaniste auprès des communautés immigrées de Manhattan et alentour, et plus encore dans le second projet de « La Scène américaine » couvrant l’ensemble des Etats-Unis. Cette partie méconnue d’un travail inachevé précède la contribution originale de Berenice Abbott à l’illustration scientifique de son temps. A revoir ou à découvrir.

On entend parfois dire que l’inspiration vient aux poètes longtemps avant les mots qui s’aligneront en vers et qu’il arrive même que l’émotion soit si forte que le verbe capitule. En découvrant l’île de la Réunion, Benjamin Bornazzini s’est d’abord laissé submerger par les éléments que lui offrait l’océan indien, l’air, la lumière, l’eau et la roche. (Lire la suite…)

Avec sa haute stature blonde et ses lunettes, Mickael Vis assume son look BCBG d’étudiant d’origine anglo-saxonne. Ainsi plaque-t-on des étiquettes sur les apparences et participe-t-on au maintien plus ou moins virtuel des barrières. Sensible et même enthousiaste aux travaux de Spike Lee, de Kourtrajmé et d’autres artistes sur l’univers des banlieues, Mickael a voulu forcer la porte d’un monde réputé dur, voire violent. (Lire la suite…)

Ses habitants prétendent que Drobak est la ville du père Noël, et c’est d’ailleurs là que tous les petits Norvégiens adressent leur lettre de souhaits de cadeaux. En voyant les photographies qu’Emmanuel Naxos a prises en mars 2011 dans ce petit port côtier assez proche d’Oslo, on n’est pas très loin de croire à ce père Noël-là, tant ces images restent près de ces cartes de vœux anciennes qui souhaitaient leur bonne année au verso de blancs paysages enneigés, protégés de sapins et parfois rehaussés de paillettes d’argent. Nul doute que la poésie de l’enfance et des rêveries que favorise le silence de pas étouffés, le mélange de la froidure et de la chaleur douce des maisons, l’harmonie pure de la neige et des couleurs pastel des murs peints, aient guidé l’objectif du grand voyageur qu’est Emmanuel Naxos, comme ils ont su inspirer en leur temps le peintre Christian Krogh et l’écrivain Knut Hamsun. Et comme les vraies petites œuvres d’art qu’elle sont, ces images transportent leur spectateur vers une touche de bonheur.

Le succès de Robert Doisneau est venu assez tard dans sa vie, au moment où la critique, et après elle le grand public, se sont aperçu qu’ils étaient en train de perdre ce que le photographe décrivait si bien : le vieux Paris, un décor urbain pour l’enfance, le monde vivant du travail, sans oublier une certaine idée du bonheur. (Lire la suite…)