ESTELLE VIROLLE Vus de dos

Par Hervé Le Goff le 14 mai 2010

CLARISSE

Considéré à tort comme la face B du corps, le dos est à la lettre incontournable. De quelques amis, Estelle Virolle a réalisé une série de portraits librement consentis, au buste retourné. Rien à voir donc avec cette vision postérieure de l’individu qui faisait dire à un écrivain aigri du 19e siècle qu’elle suffisait à écarter tout désir de conserver son amitié, comme si, en matière de défauts, le dos avait bon dos. Rien de cela dans ces rétroportraits d’Estelle Virolle qui livrent ce versant de soi si intime que le sujet lui-même n’est pas invité à la contempler. Ces dos jeunes, galbés ou musclés, affichent d’abord les arguments d’une séduction naturelle destinée à qui les suit et les regarde, ils expriment aussi, avec la complicité du port de tête, une connivence absolue avec l’artiste, ils constituent enfin, avec leur suite de prénoms, un réseau intime et hiératique, dans l’élégant équilibre de la communication et du secret. En quelque sorte, l’anti-face book.

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