MARTIN LAGARDERE Paris, fiction incandescente

Le plus facile n’est peut-être pas de se trouver dans une capitale déserte. Martin Lagardère a copié la recette des grandes productions cinéma : travailler au petit matin, en été.Désert, pas tout à fait, son Paris : un taxi ramène quelques fêtards chez eux, et un dormeur sans toit s’abrite au rideau de fer de Caral. Or, la bonne heure ne suffit pas à donner de Paris cette vision onirique, séduisante et un peu inquiétante, ni à offrir ce rendu qui ressemble bien à un décor de cinéma (encore), avec ses reflets, ses exagérations de contours qui n’ont rien de naturel. Ce Paris artificiel, notre photographe l’a manipulé sur un logiciel bien maîtrisé et aussi par une savante exploitation des lumières qui se croisent au lever du jour : le soleil encore pâle, l’incandescence des réverbères, le fluo des néons. En réalité, Martin Lagardère réinvente une nuit américaine telle que François Truffaut ne l’aurait pas rêvée lui-même. Et pour tout dire, rien n’est à jeter dans sa série parisienne, pas même les ordures qui font de la figuration à Saint-Lazare, sous l’affiche de Public Ennemies.

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